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Sarlat

[Hôtel de Vassal - 50 ko] Sarlat, c’est un des nombreux joyaux du Périgord, pénétrer dans le vieux Sarlat, c’est faire un voyage dans le temps et glisser cinq siècles en arrière. N’hésitez pas à vous enfoncer dans les petites ruelles médiévales : vous déboucherez sûrement sur une cour intérieure isolée ou bien au pied d’un bel hôtel aristocratique. Il faut être particulièrement difficile pour résister au charme qui émane de la pierre ocre de ces vieilles bâtisses !

Sarlat s’est développée autour d’une abbaye fondée par Saint-Sacerdos, évêque de Limoges, à la fin du VIIIe siècle. Signalons au passage que Sacerdos était le fils de sainte Mondane qui a donné son nom au village où elle s’était retirée, fief des seigneurs de Fénelon. Aux XIIIe et XIVe siècles, Sarlat est une ville prospère où se tiennent de nombreux marchés et foires : en 1317, le pape Jean XXII l’érige en évêché et l’abbaye devient cathédrale. Mais la guerre de Cent Ans met un terme à son expansion : Sarlat sort ruinée du conflit. Quoique cédée aux Anglais par le traité de Brétigny en 1360, Sarlat résiste, ce qui lui vaudra la reconnaissance du roi de France Charles VII qui lui accordera de nouveaux revenus et l’exemption de certaines taxes. La ville retrouve alors son activité, on reconstruit, on embellit, on rehausse, ce qui explique que bon nombre d’hôtels présentent un rez-de-chaussée médiéval, un étage Renaissance et des adjonctions classiques.

Montaigne et La Boétie

[Maison d’Étienne de la Boétie - 49 ko] C’est aussi une époque riche pour les lettres puisque en 1530 naquit à Sarlat Étienne de la Boétie dont la maison à l’architecture luxuriante fait la fierté de la ville. L’amitié qui unit Montaigne et La Boétie est restée célèbre comme un exemple d’amitié parfaite, illustrée par les fameuses lignes :

Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu’accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s’entretiennent. En l’amitié de quoi je parle, elles se mêlent et confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel, qu’elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : parce que c’était lui ; parce que c’était moi.

Michel de Montaigne, Essais, Livre I, XXVIII, « De l’amitié »

Ces mots résonnent d’autant plus tragiquement que cette amitié était encore jeune puisque les deux hommes s’étaient rencontrés au parlement de Bordeaux en 1557 et que La Boétie devait s’éteindre en 1563, à peine âgé de 33 ans.